Quel instrument choisir ? Une méthode pour trouver celui qui vous correspond

Piano, guitare, vents, cuivres, batterie ou percussions : cinq critères permettent de réduire les possibilités avant de découvrir plus concrètement les instruments enseignés à l’École de musique de Golbey.

Choisir un instrument ne consiste pas à trouver celui qui serait « le plus facile ». Il s’agit plutôt d’identifier celui que vous aurez envie d’écouter, de prendre en main et de retrouver semaine après semaine.

À l’École de musique de Golbey, près d’Épinal, dix disciplines instrumentales sont enseignées. Face à ces possibilités, inutile de chercher immédiatement une réponse définitive. Une méthode plus simple consiste à ramener d’abord les dix instruments à deux ou trois pistes qui vous attirent vraiment, puis à confronter cette sélection à la réalité.

Cinq filtres suffisent pour faire un premier tri

1. Quel son avez-vous envie de produire vous-même ?

Commencez par écouter.

Certains sont attirés par les sons graves du tuba, d’autres par l’éclat de la trompette, le timbre de la clarinette ou du saxophone, la sonorité de la flûte, la résonance du piano, les cordes de la guitare ou l’énergie de la batterie et des percussions.

La question n’est pas seulement : « est-ce que j’aime entendre cet instrument ? » Imaginez plutôt que vous travaillez le même son pendant plusieurs mois. Avez-vous envie d’être la personne qui le produit ?

Une préférence sonore très nette mérite d’être prise au sérieux. La motivation qu’elle crée peut compter davantage qu’un classement théorique de difficulté.

2. Quel geste musical vous attire ?

Les dix instruments ne mobilisent pas le corps de la même façon.

Au piano, les deux mains se déplacent sur un clavier. À la guitare, une main agit sur les cordes pendant que l’autre construit notes ou accords. Batterie et percussions font intervenir baguettes, frappe et coordination. Flûte, clarinette, saxophone, trompette, trombone et tuba associent le geste au souffle, mais chacun avec une manière différente de produire et de contrôler le son.

Le trombone ajoute par exemple le déplacement de la coulisse ; trompette et tuba utilisent des pistons ; clarinette et saxophone font intervenir une anche ; la flûte traversière demande de diriger l’air sur son embouchure.

Lorsque deux instruments vous plaisent autant à l’oreille, cette différence de sensation et de geste peut devenir le meilleur critère pour les départager.

3. Dans quelles conditions pourrez-vous jouer à la maison ?

Un instrument doit aussi trouver sa place dans la vie quotidienne.

Avant de choisir, imaginez une semaine ordinaire : où sera installé ou rangé l’instrument ? À quel moment pourrez-vous jouer ? Le volume sonore peut-il poser une difficulté ? Faut-il transporter régulièrement l’instrument ? Disposez-vous de l’espace nécessaire ?

Ces questions sont particulièrement importantes pour une batterie ou un piano, mais elles existent à des degrés différents pour tous les instruments.

Elles ne servent pas à éliminer automatiquement celui qui vous plaît. Elles permettent de savoir quelle organisation il faudra prévoir pour pouvoir réellement pratiquer.

4. Vous imaginez-vous surtout seul ou avec d’autres musiciens ?

Il n’est pas nécessaire de choisir entre pratique individuelle et collective pour toute une vie. Mais l’image que vous avez aujourd’hui de la musique peut donner un indice.

Certains rêvent de jouer seuls chez eux, d’accompagner une chanson ou de travailler une pièce complète. D’autres se projettent immédiatement dans un groupe, un atelier ou un orchestre.

Les rôles changent alors beaucoup : tenir une pulsation, soutenir l’ensemble dans le grave, porter une mélodie, jouer des accords ou dialoguer avec d’autres pupitres ne procure pas la même expérience.

L’Union Musicale propose plusieurs façons de jouer avec d’autres musiciens. Leur accès dépend de l’instrument, du niveau et du fonctionnement de chaque activité ; l’objectif ici est donc de repérer le type de jeu qui vous attire, pas de promettre dès le départ une place dans un ensemble précis.

5. De quel matériel aurez-vous réellement besoin ?

Le prix affiché sur un instrument neuf ne doit pas être le seul élément de décision.

Selon la discipline, il faut aussi penser aux accessoires, au rangement, au transport et à la pratique à domicile. Inversement, commencer la musique n’impose pas toujours d’acheter immédiatement son premier instrument.

L’Union Musicale dispose de certaines possibilités de location ou de prêt d’instruments, sous les conditions et dans les limites du parc disponibles. Il est donc préférable de vérifier les solutions existantes avant de laisser le coût d’un achat décider seul de votre orientation.

Maintenant, comparez les dix instruments par leur manière de se jouer

Une fois ces cinq filtres en tête, les différences deviennent plus faciles à lire. L’objectif n’est pas de donner une note à chaque instrument, mais de repérer ceux dont le son, le geste et les contraintes correspondent le mieux à votre projet.

Piano : voir immédiatement où sont les notes

Le piano permet d’agir directement sur le son à partir du clavier et de faire entendre plusieurs notes simultanément. Il peut séduire celles et ceux qui aiment construire mélodie, accords et accompagnement avec les deux mains.

Son principal point pratique est évident : contrairement à une clarinette ou une trompette, le clavier ne se glisse pas dans une housse que l’on emporte partout. Il faut prévoir une solution adaptée pour travailler régulièrement chez soi.

Si cette relation directe avec le clavier vous attire, découvrez le cours de piano.

Guitare : sentir directement les cordes sous les doigts

La guitare offre une relation très physique avec les cordes. Elle permet de passer de notes isolées aux accords et se prête aussi bien au jeu seul qu’à l’accompagnement ou au partage avec d’autres musiciens.

Elle est facilement transportable, mais son contact sous les doigts et la coordination entre les deux mains constituent une expérience très différente du piano.

Le cours de guitare permet d’aller plus loin sur l’apprentissage proposé à Golbey.

Flûte traversière : construire le son avec l’air

La flûte traversière peut attirer par sa sonorité claire et par la sensation très particulière de former le son avec le souffle dirigé sur l’embouchure.

L’instrument est relativement facile à transporter, mais le premier contact est différent d’un clavier : appuyer sur une clé ne suffit pas, puisqu’il faut apprendre en même temps à trouver le geste du souffle qui fait naître le son.

Pour découvrir cette pratique, consultez le cours de flûte traversière.

Clarinette : souffle, anche et grande palette de nuances

La clarinette associe le souffle, l’anche et le travail des doigts sur les clés. Elle intéressera notamment les personnes attirées par un instrument mélodique capable de passer d’un registre grave à des sonorités beaucoup plus claires.

Elle reste facilement transportable et procure une sensation de jeu assez différente de la flûte malgré leur appartenance commune aux bois.

Le fonctionnement du cours de clarinette est présenté sur sa page instrument.

Saxophone : le souffle avec une présence sonore très identifiable

Comme la clarinette, le saxophone utilise une anche et des clés. Le ressenti n’est pourtant pas interchangeable : embouchure, poids, position et surtout identité sonore peuvent faire pencher nettement la préférence vers l’un ou l’autre.

Si c’est précisément le son du saxophone qui vous donne envie de jouer, mieux vaut partir de cette attirance plutôt que de choisir un autre bois uniquement parce qu’il semblerait plus raisonnable.

Vous pouvez découvrir le cours de saxophone proposé à Golbey.

Trompette : un cuivre compact au son direct

À la trompette, le musicien produit le son par la vibration des lèvres et modifie les notes notamment avec trois pistons. Le contact est donc très différent de celui d’un bois à anche ou d’un instrument à clavier.

Sa taille relativement compacte peut être pratique pour le transport ; en revanche, sa présence sonore mérite d’être prise en compte lorsque la pratique doit avoir lieu dans un environnement sensible au bruit.

Le cours de trompette permet de découvrir l’apprentissage de cet instrument à l’école.

Trombone : un geste que l’on ne retrouve sur aucun autre instrument de cette sélection

Le trombone appartient lui aussi aux cuivres, mais la coulisse transforme complètement la sensation de jeu. Le mouvement du bras participe directement au placement des notes.

Ce geste très identifiable peut constituer une vraie attraction — ou simplement montrer immédiatement qu’un autre instrument correspond mieux aux sensations recherchées. C’est précisément l’intérêt d’aller au-delà du seul son.

Pour en savoir davantage, découvrez le cours de trombone.

Tuba : choisir les graves et une autre présence dans l’ensemble

Le tuba se distingue immédiatement par son registre grave et son gabarit. Pour quelqu’un qui aime les sonorités profondes et le rôle que peuvent prendre les basses dans un ensemble, ce n’est pas un détail : c’est souvent le cœur de l’attirance pour l’instrument.

Son volume et son transport doivent naturellement être pris en compte, mais ces aspects pratiques ne suffisent pas à décider à la place du musicien.

Le cours de tuba présente la discipline enseignée à Golbey.

Batterie : coordonner tout le corps autour du rythme

La batterie ne se résume pas au fait de « taper en rythme ». Les mains et les pieds peuvent avoir des fonctions différentes et le musicien construit progressivement une coordination qui engage une grande partie du corps.

Pour quelqu’un qui se projette naturellement au cœur de la pulsation et aime cette sensation physique, elle peut s’imposer très vite.

Il faut en revanche anticiper sérieusement le volume sonore et l’espace disponible à la maison. Ces contraintes pratiques font partie du choix de l’équipement ; elles ne disent pas à elles seules si la batterie est ou non le bon instrument.

Découvrez le cours de batterie.

Percussions : choisir une famille plutôt qu’un seul instrument

Les percussions méritent d’être distinguées de la batterie. Elles regroupent des pratiques et des instruments variés : le geste rythmique y tient une place importante, mais certaines percussions permettent aussi de jouer des hauteurs et des mélodies, notamment sur les claviers de percussion.

Cette variété peut précisément séduire quelqu’un qui ne souhaite pas réduire son apprentissage à un unique dispositif instrumental.

Le cours de percussions permet de découvrir cette diversité.

Pour un enfant, un adolescent ou un adulte, le filtre n’est pas exactement le même

Le guide reste volontairement commun à tous les âges : aimer un son, apprécier un geste et pouvoir pratiquer sont des critères universels. Mais leur poids change selon la situation.

En CP, lorsqu’un enfant n’a pas encore arrêté son choix, l’Initiation musicale a précisément pour fonction de lui faire poursuivre ses apprentissages tout en rencontrant plusieurs instruments. Il n’est donc pas nécessaire de transformer ce guide en décision définitive prise par les parents avant même cette phase de découverte.

Pour un enfant ou un adolescent engagé dans un apprentissage instrumental, les cours de musique pour enfants et adolescents permettent ensuite de comprendre comment le cours d’instrument s’inscrit dans le parcours de l’école.

Un adulte peut accorder davantage de poids à d’autres critères : le morceau qu’il rêve de jouer, le temps et le lieu dont il dispose pour pratiquer, une reprise après plusieurs années ou l’envie de rejoindre progressivement d’autres musiciens. La page consacrée aux cours de musique pour adultes présente le fonctionnement de ce parcours sans imposer de choix d’instrument particulier.

Après le tri sur papier, il faut rencontrer l’instrument

Une fiche, une vidéo ou un enregistrement permettent de comparer beaucoup de choses. Ils ne permettent pas de savoir exactement ce que vous ressentirez une fois l’instrument devant vous.

C’est pourquoi il est utile d’arriver à cette étape avec deux ou trois pistes, plutôt qu’avec dix noms encore placés au même niveau.

À l’École de musique de Golbey, les essais d’instruments ont lieu uniquement lors des portes ouvertes. Il n’existe pas d’essais proposés toute l’année sur rendez-vous.

Ces portes ouvertes deviennent donc le bon moment pour confronter la présélection au réel : regarder la posture, sentir le poids ou la position de l’instrument, comprendre son geste de base, entendre sa sonorité de près et échanger avec les enseignants.

Professeur accompagnant un jeune garçon qui essaie la trompette

L’objectif n’est pas de réussir quelque chose dès les premières minutes. Une question beaucoup plus utile est : est-ce que cette première rencontre me donne envie d’y revenir ?

Les prochaines portes ouvertes et autres rendez-vous de l’école sont annoncés dans l’agenda de l’Union Musicale de Golbey.

Ne faites pas un achat important avant d’avoir clarifié le choix

Lorsqu’un instrument commence à se détacher, vient logiquement la question du matériel.

À ce stade, le bon réflexe consiste à vérifier ce qui est réellement nécessaire pour commencer, plutôt que d’acheter le premier modèle rencontré avant même d’avoir échangé avec l’école.

Selon les instruments et les disponibilités, l’Union Musicale dispose de solutions de location. La page sur la location et le prêt d’instruments précise les disciplines concernées, les conditions et le fonctionnement du parc.

Cette étape peut également faire évoluer le choix pratique sans avoir à renoncer trop vite à l’instrument qui vous attire.

Et si le premier choix n’est finalement pas le bon ?

Choisir un instrument est un engagement pour apprendre, pas une décision irréversible pour toute la vie.

Il arrive qu’avec plusieurs mois d’expérience, un élève comprenne mieux ce qu’il recherche et soit davantage attiré par un autre instrument. À l’École de musique de Golbey, le changement d’instrument se fait alors à la rentrée suivante.

Cette règle donne une bonne mesure de la décision à prendre : il est utile de choisir avec attention, puisque l’on s’engage dans une année de pratique, mais il n’est pas nécessaire d’exiger une certitude absolue avant même d’avoir commencé.

Vous hésitez encore ? Ramenez simplement le choix à trois étapes

  1. Gardez les instruments dont le son vous attire réellement.
  2. Parmi eux, écartez ceux dont le geste ou les conditions de pratique à la maison correspondent mal à votre situation.
  3. S’il reste deux ou trois possibilités, conservez cette sélection jusqu’aux portes ouvertes et confrontez-la aux instruments eux-mêmes.

Le bon choix n’est pas forcément celui qui paraît le plus simple sur une fiche. C’est celui pour lequel les contraintes restent gérables et, surtout, l’envie de jouer reste la plus forte une fois l’instrument devenu concret.